Histoire de la presse algérienne : tout a basculé en 1990

En 1990, l’Algérie comptait une poignée de journaux, tous propriété de l’État. Deux ans plus tard, près de 170 titres étaient en kiosque.

Ce basculement n’a pas duré. Comprendre ce qui l’a rendu possible — et ce qui l’a refermé — explique à peu près tout du paysage médiatique algérien d’aujourd’hui.

Dossier : comprendre la presse algérienne Lecture : 14 min Mis à jour : septembre 2026

1Avant 1962 : une presse de colons, une presse de combat

La presse écrite arrive en Algérie avec l’armée française. L’Estafette d’Alger, premier titre imprimé sur le sol algérien, ne publie que deux numéros, entre le 25 juin et le 5 juillet 1830, au moment même du débarquement. Suit Le Moniteur algérien, créé le 27 janvier 1832, journal officiel de la colonie chargé de diffuser annonces légales, judiciaires et commerciales ; il intègre des contenus en arabe dès le 28 juillet de la même année.

Le maillage se densifie vite. Le Mobacher, lancé en 1848 par Ismayl Urbain, paraît en deux éditions, française et arabe. Les villes suivent : L’Écho d’Oran et La Seybouse à Bône en 1844, Le Courrier de Tlemcen en 1860, Le Courrier de Sétif en 1870. Cette presse-là s’adresse aux Européens d’Algérie ; elle écrit sur les Algériens, rarement pour eux.

La presse nationaliste, puis clandestine

Une autre presse naît en marge, à partir des années 1890, puis se politise : El Hack / La Bataille Algérienne entre 1893 et 1895, El Ouma en 1930, présenté comme l’organe de défense des Nord-Africains, premier journal ouvertement nationaliste.

Le point de bascule est El Moudjahid. L’édition française du titre, organe central du FLN, est fondée le 15 juin 1956. Le premier numéro est un manuscrit de 36 pages dactylographié par Izza Bouzekri, l’épouse de Ramdane Abane, puis reproduit au ronéo. Sa coordination éditoriale est assurée par Abane, Benyoucef Benkhedda et Abdelmalek Temmam. Traqué, le journal déménage ses presses : Alger jusqu’en 1957, Tétouan au Maroc à partir d’août 1957, puis Tunis jusqu’à l’indépendance. Le numéro 7, saisi par les parachutistes français, n’a jamais paru.

C’est ce titre clandestin, et non la presse coloniale, qui deviendra le quotidien officiel de l’Algérie indépendante.

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21962-1989 : l’État, seul éditeur

L’indépendance ne libère pas la presse : elle la nationalise. Dès juillet 1962, neuf journaux coloniaux sont interdits, dont les trois Dépêche d’Alger, d’Oran et de Constantine. En novembre, l’hebdomadaire El-Hourriya est supprimé. Le 20 avril 1964, Alger Républicain, dernier quotidien réellement indépendant, est intégré au FLN.

Reste un paysage entièrement public, organisé autour de quelques titres qui existent pour la plupart encore aujourd’hui.

TitreCréationLangueParticularité
Ech-Chaab11 décembre 1962arabePremier quotidien de l’Algérie indépendante
El Djoumhouria (Oran)bilingue en 1963arabeHéritier direct de L’Écho d’Oran (1844) ; entièrement arabophone en 1976
An Nasr (Constantine)1963arabeArabisé en 1972
El Moudjahid (quotidien)22 juin 1965françaisProlonge le titre clandestin de 1956
El Massa1er octobre 1985arabePremier journal algérien édité en édition du soir

S’y ajoutent l’hebdomadaire Algérie-Actualité, né de l’édition dominicale d’El Moudjahid et tirant à 80 000 exemplaires, ainsi que Horizons, Révolution Africaine ou Révolution et Travail. L’agence de presse nationale, l’APS, est plus ancienne encore : elle a été créée le 1er décembre 1961 à Tunis, pendant la guerre, avant d’être transférée à Alger.

Un secteur « de souveraineté nationale »

Le cadre juridique de l’époque est explicite. Le code de l’information, loi n° 82-01 du 6 février 1982, fait de l’information « un des secteurs de souveraineté nationale », placé sous la direction du parti unique, chargé de « traduire les aspirations populaires » et d’« œuvrer à la mobilisation des masses ». Dans un système à parti unique, un journal est un outil d’encadrement avant d’être une entreprise.

Côté audiovisuel, le mouvement est le même. Le 28 octobre 1962, l’Armée nationale populaire occupe les locaux de la radiotélévision sur ordre du président Ben Bella ; l’indicatif passe de « Radio Algérie » à « Radiodiffusion Télévision Algérienne ». Le départ des 150 techniciens français provoque des pannes telles que la RTA ne peut pas diffuser le discours du 1er novembre. La RTA est formellement créée le 1er janvier 1963 ; le décret n° 86-147 du 15 juin 1986 l’éclate en quatre entités, dont l’ENTV, ancêtre de l’actuelle EPTV.

Puis vient octobre 1988. Les journalistes du secteur public se mobilisent, se réunissent, signent des déclarations. Le monopole ne survivra pas longtemps à l’ouverture politique qui suit.

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33 avril 1990 : la loi qui fait tout basculer

La loi n° 90-07 du 3 avril 1990 relative à l’information abroge le code de 1982. Elle étend l’exercice du droit à l’information aux publications des partis politiques et aux sociétés privées. Son article 4 énumère désormais trois catégories : les titres du secteur public, ceux créés par des associations à caractère politique, et ceux créés par des personnes physiques ou morales de droit algérien.

Le texte s’accompagne d’un dispositif décisif, et trop rarement raconté : les journalistes du secteur public qui partent fonder leur propre titre ne partent pas les mains vides. Ils bénéficient d’indemnités de départ, d’avantages bancaires, de prêts d’équipement, de locaux publics à conditions avantageuses, d’un soutien au prix du papier, de tarifs préférentiels d’impression et d’exonérations fiscales. Une simple déclaration déposée trente jours avant la parution du premier numéro suffit à lancer un journal.

Le chiffre Près de 170 quotidiens et périodiques, publics et privés, paraissent dans les mois qui suivent. Beaucoup n’auront qu’une diffusion confidentielle et disparaîtront vite — mais le paysage médiatique algérien contemporain naît là, en quelques saisons.

La même loi pose ses propres cadres. Son article 6 dispose que « toute publication périodique d’informations générales doit être éditée en langue arabe », et son article 7 confie au Conseil supérieur de l’information la faculté d’encadrer l’usage d’une langue étrangère — une disposition qui explique la configuration linguistique de la presse algérienne pendant les vingt années suivantes.

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41990-1994 : la génération qui a fondé la presse d’aujourd’hui

En moins de cinq ans naissent la quasi-totalité des grands titres que l’on consulte encore. Presque tous sont fondés par des équipes venues de la presse d’État.

  • 3 septembre 1990 — Le Soir d’AlgérieFondé par d’anciens journalistes de la presse publique, dont Maâmar Farah, Djamel Saïfi et Fouad Boughanem. Lancé comme journal du soir, il passe au matin le 6 octobre 2000.
  • 8 octobre 1990 — El WatanOmar Belhouchet et dix-neuf collègues quittent El Moudjahid pour le fonder, dans la foulée immédiate de la loi 90-07.
  • 1er novembre 1990 — El KhabarPremier numéro du grand quotidien arabophone indépendant, créé sous le régime de la même loi. Il deviendra le titre le plus diffusé du pays.
  • 19 septembre 1991 — Le MatinFondé par Mohamed Benchicou, Saïd Mekbel, Ghania Hamadou et d’autres, à la suite d’une scission d’Alger Républicain.
  • 27 juin 1992 — LibertéCréé par trois journalistes — Ahmed Fattani, Hacène Ouandjeli, Ali Ouafek — et l’industriel Issad Rebrab. Devise : « Le droit de savoir et le devoir d’informer ».
  • 14 décembre 1994 — Le Quotidien d’OranLe grand quotidien francophone de l’Ouest, toujours en parution.

Trente ans plus tard, trois de ces six titres ont disparu. Vous pouvez comparer, rubrique par rubrique, ce qui reste : les journaux francophones, les journaux arabophones, ou la liste des titres qui ont cessé de paraître.

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51993-1998 : la presse dans la guerre civile

À peine née, cette presse est prise dans la décennie noire. Le 26 mai 1993, l’écrivain et journaliste Tahar Djaout est abattu. Il ouvre une liste que les organisations professionnelles mettront des années à établir.

Les bilans varient selon les périodes retenues. Reporters sans frontières recense 57 journalistes assassinés et une quarantaine d’autres employés de médias tués entre 1993 et 1996. Le Committee to Protect Journalists compte 58 à 59 journalistes assassinés entre le meurtre de Djaout et celui de Mohamed Guessab, le 12 août 1996. Amnesty International évoquait « plus de 60 journalistes » dès novembre 1996. Cinq autres ont disparu entre 1994 et 1997.

11 février 1996 Une voiture piégée explose devant la Maison de la presse Tahar Djaout, à Alger, visant Le Soir d’Algérie. Trois journalistes du titre sont tués, ainsi que de nombreux civils. C’est l’attentat le plus meurtrier commis contre la presse algérienne.

Aucune profession algérienne n’a payé un tribut proportionnellement aussi lourd à cette période. Les rédactions travaillent sous protection, certains journalistes vivent des mois dans des hôtels gardés, plusieurs titres publient sans signature pour protéger leurs équipes. C’est dans ces conditions que la presse privée née en 1990 apprend son métier.

Nombre des titres de cette génération n’y survivront pas. La Nation cesse de paraître en décembre 1996, Algérie-Actualité la même année. Les noms et les dates sont recensés dans notre rubrique des journaux algériens disparus.

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6L’économie d’un journal algérien

Passée la décennie noire, ce qui décide de la survie d’un titre devient comptable. Trois postes commandent tout : la publicité, l’impression et les ventes.

La publicité

L’Agence nationale d’édition et de publicité, l’ANEP, a été créée par l’ordonnance n° 67-279 du 20 décembre 1967. Elle concentre la diffusion de la publicité des annonceurs publics et des annonces légales des institutions. Son périmètre a varié : un décret d’octobre 1988 supprime les monopoles des entreprises socialistes, un décret du 9 août 1993 lui confie de nouveau la gestion exclusive des budgets d’annonces des annonceurs publics, confortée par l’article 116 de la loi de finances 1993.

L’ordre de grandeur est public : l’agence a réalisé 13,8 milliards de dinars de chiffre d’affaires en 2022. Dans un pays où l’État et les entreprises publiques comptent parmi les premiers annonceurs, la part de ce circuit dans le budget d’une rédaction est déterminante.

L’impression

L’essentiel des rotatives appartient au secteur public — SIA, SIMPRAL, ENAP —, regroupées en une seule entité à partir de 2024 sur instruction de la présidence de la République, avec un siège administratif à la SIA de Bab Ezzouar. Un journal imprime à crédit ; un journal endetté ne s’imprime plus. Plusieurs titres l’ont appris : El Borhane suspendu en juillet 1998 puis arrêté en janvier 2000, Le Soir d’Algérie contraint d’interrompre sa parution en août 2003, Le Matin arrêté en 2004 pour dettes impayées, Fadjr privé d’impression en juin 2014 pour une dette de 55 millions de dinars.

Les ventes

C’est le mouvement de fond, et il n’est pas propre à l’Algérie : le papier recule partout. Les chiffres certifiés disponibles donnent la mesure de la décennie 2010 — Echorouk passe de 426 603 à 350 551 exemplaires par jour entre 2013 et 2014, Ennahar de 286 557 à 231 855 sur la même période, El Watan à 95 346 exemplaires en moyenne en 2015.

Le constat officiel En octobre 2017, le ministre de la Communication Djamel Kaouane reconnaissait la disparition de 60 titres en trois ans — 26 quotidiens et 34 hebdomadaires. Sur quelque 150 quotidiens recensés dans les deux langues, seuls 21 tiraient alors à plus de 10 000 exemplaires par jour.
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72012 puis 2023 : deux codes de l’information

La loi organique 12-05 du 12 janvier 2012

Publiée au Journal officiel du 15 janvier 2012, elle abroge la loi de 1990. Ses 132 articles, répartis en 12 titres, couvrent la presse écrite, l’audiovisuel, les médias électroniques, le statut des journalistes et la régulation. Le régime devient déclaratif.

Sur le terrain pénal, le texte marque une inflexion souvent résumée trop vite. Le code de 2012 n’énumère que cinq délits de presse, punis d’amendes de 50 000 à 500 000 dinars, sans peine de prison. Les infractions classiques — diffamation, injure, outrage — restent en revanche régies par le code pénal, et non par le code de l’information. Les juristes parlent donc d’un « déprisonnement » du délit de presse plutôt que d’une dépénalisation.

C’est également l’article 64 de cette loi qui crée l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV), dont les membres sont installés en juin 2016. L’ouverture de l’audiovisuel privé est organisée par la loi n° 14-04 du 24 février 2014, limitée aux chaînes thématiques, à capital exclusivement algérien.

Le triptyque de 2023

Trois textes remplacent l’ensemble du dispositif :

  • la loi organique n° 23-14 du 27 août 2023 relative à l’information, 56 articles ;
  • la loi n° 23-19 du 2 décembre 2023 relative à la presse écrite et à la presse électronique ;
  • la loi n° 23-20 du 2 décembre 2023 relative à l’activité audiovisuelle.

Quatre dispositions changent concrètement la vie des médias. La propriété d’un titre est réservée aux personnes physiques de nationalité algérienne et aux sociétés algériennes à capital national. Le financement par une partie étrangère est interdit. Les sites d’information doivent être hébergés physiquement en Algérie sous un nom de domaine « .dz » — c’est l’article 33 de la loi 23-19 —, avec six mois pour se mettre en conformité. Enfin, la loi 23-20 autorise pour la première fois les chaînes privées généralistes, et non plus seulement thématiques, et institue l’ANIRA, autorité de régulation de l’audiovisuel.

En janvier 2025, le ministre de la Communication Mohamed Meziane indiquait que 84 % de la presse écrite et 60 % de la presse électronique avaient achevé leur mise en conformité, et que 34 nouveaux récépissés de dépôt avaient été délivrés.

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8Où en est la presse algérienne en 2026 ?

Le mouvement dominant est celui que connaissent tous les pays : le papier recule, le web et la télévision privée occupent le terrain.

Plusieurs titres historiques ont cessé de paraître ces dernières années. Liberté a publié son dernier numéro le 14 avril 2022, après trente ans d’existence ; une trentaine de journalistes et une dizaine de collaborateurs y travaillaient, pour un tirage d’environ 50 000 exemplaires. La Tribune avait cessé après le décès de son directeur Hassen Bachir Cherif en juin 2017. Le Matin, arrêté en 2004, n’a jamais reparu en version papier — son nom se perpétue en ligne avec Le Matin d’Algérie, fondé par Mohamed Benchicou.

El Watan, lui, paraît toujours en septembre 2026, en papier comme en ligne, et met ses éditions quotidiennes à disposition en PDF.

Ce qui a remplacé le papier

Les chaînes privées, autorisées à partir de 2012 et pleinement généralistes depuis 2023, sont devenues les médias de masse du pays : le portail officiel du ministère de la Communication recense douze chaînes privées agréées, aux côtés des neuf chaînes publiques de l’EPTV et d’AL24 News. La presse en ligne, elle, s’est structurée autour de l’obligation d’hébergement en « .dz », qui a conduit plusieurs titres à migrer leur nom de domaine.

Le paysage complet, vérifié rubrique par rubrique, est consultable dans notre annuaire : journaux francophones, journaux arabophones, sites d’information, chaînes de télévision, radios, presse régionale, presse sportive et agences et institutions.

Trente-six ans après la loi du 3 avril 1990, le paysage n’a plus grand-chose à voir avec les 170 titres de kiosque de la première année. Mais la structure posée alors — un secteur public installé, une presse privée née d’anciens journalistes d’État, deux langues d’édition — est toujours reconnaissable.

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9Questions fréquentes

Quel est le premier journal algérien ?

Le premier titre imprimé sur le sol algérien est L’Estafette d’Alger, en juin 1830, mais il s’agit d’un journal colonial qui n’a publié que deux numéros. Le premier quotidien de l’Algérie indépendante est Ech-Chaab, créé le 11 décembre 1962. Quant au premier journal algérien de combat, c’est El Moudjahid, organe clandestin du FLN fondé le 15 juin 1956.

Quand la presse privée est-elle apparue en Algérie ?

En 1990. La loi n° 90-07 du 3 avril 1990 relative à l’information autorise pour la première fois des personnes physiques ou morales de droit algérien à créer un titre. Le Soir d’Algérie paraît dès le 3 septembre 1990, El Watan le 8 octobre, El Khabar le 1er novembre. Près de 170 publications voient le jour dans la foulée.

Qui a fondé El Watan ?

Omar Belhouchet et dix-neuf collègues, tous issus d’El Moudjahid, qu’ils quittent après la promulgation de la loi 90-07. Le premier numéro paraît le 8 octobre 1990. Le journal paraît toujours en 2026, en papier et en ligne.

Combien de journalistes ont été tués pendant la décennie noire ?

Il n’existe pas de chiffre unique, les organisations ne couvrant pas les mêmes périodes. Reporters sans frontières recense 57 journalistes assassinés et une quarantaine d’autres employés de médias tués entre 1993 et 1996. Le Committee to Protect Journalists compte 58 à 59 journalistes assassinés entre mai 1993 et août 1996. Amnesty International évoquait « plus de 60 journalistes » dès novembre 1996. Cinq journalistes ont par ailleurs disparu entre 1994 et 1997.

Pourquoi tant de journaux algériens ont-ils cessé de paraître ?

Pour des raisons d’abord économiques : chute des ventes du papier, dépendance aux imprimeries publiques et dettes d’impression, concentration de la publicité institutionnelle. Le ministre de la Communication Djamel Kaouane reconnaissait en octobre 2017 la disparition de 60 titres en trois ans, soit 26 quotidiens et 34 hebdomadaires.

Que change la loi de 2023 sur l’information ?

Quatre choses principales : la propriété d’un média est réservée aux Algériens et aux sociétés à capital national ; le financement étranger est interdit ; les sites d’information doivent être hébergés en Algérie sous domaine « .dz » ; et les chaînes de télévision privées peuvent désormais être généralistes, et non plus seulement thématiques. La régulation de l’audiovisuel est confiée à l’ANIRA.

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Sources et références
  1. Bibliothèque nationale de France, « Les premiers titres de presse en Algérie : 1830-1880 », blog Gallica, 16 janvier 2023.
  2. Notice BnF, « El Moudjahid : organe central du Front de libération nationale », ark:/12148/cb34500519k.
  3. Loi n° 82-01 du 6 février 1982 portant code de l’information, Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire.
  4. Loi n° 90-07 du 3 avril 1990 relative à l’information, JORADP, p. 395.
  5. Ahmed Hanifi, La presse écrite algérienne en Île-de-France : lectures et identité, DEA de sociologie, Université Paris VIII, 1996.
  6. Agence Algérie Presse Service, page institutionnelle « L’Agence » (date de création, 1er décembre 1961).
  7. Décret n° 86-147 du 15 juin 1986 portant restructuration de la Radiodiffusion Télévision Algérienne.
  8. Médias DZ, « Le Soir d’Algérie, quotidien national d’information » ; El Khabar, page « À propos » ; Liberté Algérie, page « À propos ».
  9. Reporters sans frontières, « Algérie : la liberté de la presse victime de l’État de non-droit », rapport, novembre 2002.
  10. Committee to Protect Journalists, « 58 Journalists Murdered in Algeria Since 1993 », 1er janvier 1999.
  11. Amnesty International, Algérie : le silence et la peur, index MDE 28/11/96, novembre 1996.
  12. Ordonnance n° 67-279 du 20 décembre 1967 portant création de l’Agence nationale d’édition et de publicité.
  13. Lyas Hallas, « ANEP : anatomie d’un monopole d’État dans la publicité », Twala, 13 novembre 2025 (chiffre d’affaires 2022).
  14. Horizons, « Laagab : « Les procédures liées à la fusion des imprimeries sont finalisées » », 13 juillet 2024.
  15. OJD, diffusions certifiées 2013-2015, citées par l’Observatoire arabe du journalisme, « Presse écrite algérienne : les chiffres du déclin », 30 septembre 2016.
  16. TSA, « Presse : 60 titres ont disparu depuis le début de la crise », 9 octobre 2017 (déclarations du ministre Djamel Kaouane).
  17. Loi organique n° 12-05 du 12 janvier 2012 relative à l’information, JORADP n° 2 du 15 janvier 2012, p. 18-27 ; loi n° 14-04 du 24 février 2014 relative à l’activité audiovisuelle, JORADP n° 16 du 23 mars 2014.
  18. Mohamed Brahimi, « Le délit de presse en Algérie : délit spécial ou délit de droit commun ? », 29 octobre 2014, mis à jour le 10 février 2021.
  19. Loi organique n° 23-14 du 27 août 2023 ; loi n° 23-19 et loi n° 23-20 du 2 décembre 2023, JORADP n° 77 du 2 décembre 2023 — portail officiel des médias algériens.
  20. La Nouvelle République, « L’état du secteur de la communication et ses perspectives futures », 18 janvier 2025 (déclarations du ministre Mohamed Meziane).
  21. Passerelle des médias algériens, ministère de la Communication, registres de la presse écrite, de la télévision et de la radio, consultés en septembre 2026.

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